Chroniques d'une photographe,specialiste des droits humains en Palestine et ailleurs, Chronicles of a French photographer, specialist in human rights, in Palestine and elsewhere
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Sunday, November 09, 2014
Gaza année zero: Khuza'a, Gaza Strip, 9.11.2014
(c) Anne Paq/Activestills.org, Khuza'a, Gaza Strip, 9.11.2014
No comment./
Because, sometimes, you just want to share a photo
Sans commentaires.
Parce que des fois, il s'agit juste de partager une photo
Friday, November 07, 2014
Gaza année zero: Adnan al-Najjar-, Khuza'a, Gaza Strip, 7.11.2014
(c) Anne Paq/Activestills.org, Khuza'a, Gaza Strip, 07.11.2014
This is a portrait taken today in
Khuza'a of Adnan al-Najjar.
He currently lives in his half
destroyed home that is totally unsafe and riddled with big holes
barely covered by wood and plastic sheet.
All the rooms are gone, except the
living room where he sleeps with his wife, and sometimes his children
(sometimes they go to sleep in a caravan).
He says that he now prefers to die in
his home rather than fleeing again.
Adnan evacuated Khuzaa days after his
family. He wanted to stay to watch over his animals and the house.
But the tanks came;, and more bombings, so he had to go. he flew with
a white flag, and was injured after a shell fell near him.
All his animals were killed.
Ceci est un portrait pris aujourd'hui à Khuza'a d'Adnan al-Najjar.
Il vit actuellement dans sa moitié maison détruite qui est totalement insalubre et criblée de trous béants à peine couverts par des planches de bois et des plastiques.
Toutes les chambres ont été détruites (y compris la salle de bain, la cuisine et les toiltetes) sauf le salon où il dort avec sa femme, et parfois ses enfants ( ils vont dormir des fois dans une caravane).
Il dit qu'il préfère maintenant mourir dans sa maison plutôt que de fuir à nouveau.
Adnan a évacués Khuza'a des jours après sa famille. Il voulait rester pour veiller sur ses animaux et la maison. Mais les chars sont arrivés;, et d'autres bombardements, il a donc dû partir. Il a fui avec un drapeau blanc, et a été blessé après qu'un obus soit tombé près de lui.
Tous ses animaux ont été tués.
Wednesday, November 05, 2014
Gaza année zero (1)- a man-made disaster: rebuilding, which rebuilding?
Streets flooded in Gaza with the first rains/ Les rues inondées de Gaza avec les premières pluies
to clear up all this rubble
J'ai juste vu deux bulldozers, mais les équipements à Gaza sont totalement inadéquats pour dégager tous les gravats.
Straightening metal rods to recycle them / Redressement des tiges de métal pour les recycler
Central heating in Gaza
Toilet for a whole family- half of their home, including the bathroom, was destroyed
Toilettes pour une famille qui vit dans leur maison à moitié détruite, y compris les toilettes
Pieces of wood used to cover the huge holes in the walls
Des bouts de bois pour couvrir les trous béants dans les maisons
Many half destroyed homes are completely unsafe, but people have nowhere else to go
Beaucoup de maisons à moitié détruites sont complètement insalubres et risques de s'écrouler,
mais les familles n'ont nulle part où aller
How this is going to hold with heavy rains and wind?
Comment tout cela va tenir avec les vents et fortes pluies?
Since my last visit, more than one month ago, nothing changed on the ground in Shuajaiya
Depuis ma dernière visite il y a plus d'un mois, rien n'a changé sur le terrain à Shujaiya
Ridiculous means face of disaster / Des moyens dérisoires face au désastre
Polluted water with the rains, the infrastructures were also badly damaged
L'eau polluée remonte à la surface. Les infrastructures ont aussi été fortement endommagées pendant l'offensive
(c) Anne Paq/Activestills.org, Gaza Strip; 03.11.2014
Rebuilding? You must be kidding..Nothing has changed on the ground, except that things are getting worse with the first rains, and the total closure of Rafah border.
Many Palestinians in Gaza live in horrible conditions, with no hope that things will get better any soon. The aid does not seem to be getting in and is insufficient. Building materials are lacking, or rather absent. Many families live in half destroyed homes that are totally unsafe and might collapse soon. Pieces of woods, plastic, sheet are being used to cover holes or windows. Water is pouring down from ceilings and broken windows. Everything in certain parts of Gaza are covered by rubble, and everyone seems to be on the verge of exploding. Who would not be?
This is a disaster, made by men, now already forgotten by the media.
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La reconstruction? Vraiment?
Rien n'a changé sur le terrain, sauf que les choses ont encore empiré avec les premières pluies, et la fermeture totale de la frontière de Rafah.
Beaucoup de Palestiniens de Gaza vivent dans des conditions horribles, sans espoir que les choses vont s'améliorer bientôt. L'aide ne semble pas vraiment arrivée, et reste insuffisante. Les matériaux de construction font défaut, ou sont plutôt complètement absents. Beaucoup de familles vivent dans des maisons à moitié détruites qui sont dangereuses et peuvent s'effondrer à tout moment. Des morceaux de bois, des bouts de plastique, des draps sont utilisés pour couvrir les trous béants ou les fenêtres. L'eau se déverse des plafonds et des fenêtres brisées. Tout, dans certaines parties de la bande de Gaza est recouvert par les décombres, et tout le monde semble être sur le point d'exploser. Qui ne le serait pas dans de telles conditions?
C'est un désastre, fait par des hommes, et déjà oublié par les médias.
Saturday, September 20, 2014
Gazapocalypse, Tuffah, Gaza city, 18.9.2014
This was a quarter full of homes
This was a children bedroom
This was a living room
This was a bedroom
This was a toilet
This was a barber shop (right)`
This was a road that used to be fine for cars
This was the stairs to have access to their home
(c) Anne Paq/Activestills.org, Tuffah, Gaza city, 18.9.2014
End of the world, science-fiction movie? a city after a tsunami?
No this is how some parts of Gaza Strip look today.
This is a men-made deliberate disaster
Est ce qu'on est dans un film de science fiction après la fin du monde? Une ville après un terrible tsunami ou un tremblement de terre?
Non, mais voilà à quoi ressemblent certaines parties de Gaza aujourd'hui.
C'est un désastre perpétré délibérément par des hommes sur d'autres hommes.
Sunday, September 14, 2014
This is not 'sweet', this is depressing / C'est en fait déprimant, Gaza; September 2014
(c) Anne Paq/Activestills.org
How sweet. Gaza still lives. This is
summoud. This is amazing and how great to see Palestinians back at
the beach and enjoying themselves. And yes I could do a 'nice' photo
story about that. But this is not what I want to do. This is not what
is important to say right now. Of course Palestinians in Gaza want to
live. Of course they do not want to spend their days crying. Of
course you can still see smiles here and there, and life goes on
despite it all. But do not be misled by the nice photos on the beach
or by the lack of media attention (there is hardly any international
press here in sharp contrast with the army of international media
crews that were here during the 'war'), Gaza is not back to 'normal'.
The truth is that I have never seen
such a level of desperation amid the people. Many I talked to, many
who I know, especially young men, want to leave Gaza. Thousands
already did through a new clandestine route that is very costly. You
can make a lot of money out of the despair of people. 'This is not a
life' a friend of mine say, and another told me: ' we are just dead
alive'. The bombings stopped but the suffering continues. Fishermen
and farmers have been shot at, Rafah is closed, barely any help has
arrived. No one talks any more about this man-made disaster.The big
Gaza prison, now half destroyed inside, is still locked.
Too much is too much. How would you
feel after years of being stuck in a small place with almost no open
space, with no job opportunities, and at the mercy of bombings?
Children talk like adults. The sweetness, innocence, and hope are
gone. This is not because of 'hamas'; do not confuse the consequences
with the cause. This is because of the injustice of a brutal
occupation which has lasted for too long, with our silence and
complicity.
The destruction of homes can be
repaired, but what about the destruction within?
-------------Français-----------------------------------------------------------------------------------------------
Que c'est beau. Gaza vit toujours. Voilà la summoud. C'est incroyable et c'est si formidable de voir les Palestiniens retourner à la plage et s'amuser. Et oui je pourrais faire un reportage photo avec plein de 'belles' photos sur le sujet. Mais ce n'est pas ce que je veux faire. Ce n'est pas ce qu'il est important de dire pour le moment. Bien sûr, les Palestiniens de Gaza veulent vivre. Bien sûr, ils ne veulent pas passer leurs journées à pleurer. Bien sûr, vous pouvez toujours voir des sourires ici et là, et la vie continue malgré tout. Mais ne soyez pas trompé par les belles photos sur la plage, ou le manque d'attention des médias (il n'y a guère de presse internationale ici en contraste avec l'armée d'équipes de médias internationaux qui était ici lors de la «guerre»), la bande de Gaza n'est pas de retour à la «normale». De quelle normalité peut-t-on parler ici?
La vérité est que je n'ai jamais senti un tel niveau de désespoir à Gaza. Beaucoup de Palestiniens à qui j'ai parlé, en particulier les jeunes hommes, veulent quitter la bande de Gaza. Mais aussi des personnes établies ici, des familles et des femmes. Des pères de famille m'ont dit: " pour nous ce n'est pas très grave, notre vie est déjà finie, mais pour mes enfants, quelle vie peuvent-ils avoir ici? Il n'y a rien pour eux."
Déjà des milliers sont partis via un nouvel itinéraire clandestin. Vous pouvez faire beaucoup d'argent sur le désespoir des gens.
«Ce n'est pas une vie» m'a déclaré un de mes amis. Un autre m'a dit: «nous sommes juste des morts vivants».
Les bombardements ont cessé, mais la souffrance continue. Les pêcheurs et les agriculteurs se sont fait tirer dessus, Rafah est fermé, l'aide peine à arriver. Personne ne parle plus de ce désastre, de ce tsunami perpétré par des hommes. La grande prison de Gaza, maintenant à moitié détruite à l'intérieur, est verrouillée.
Trop, c'est trop. Comment vous sentiriez-vous après des années à être coincé dans un petit territoire avec presque pas d'espace ouvert, sans possibilités d'emploi, et à la merci des bombardements? Les enfants parlent comme des adultes. La douceur, l'innocence et l'espoir sont partis. Non, ce n'est pas à cause du «hamas»; et il ne faut pas confondre les causes avec les conséquences. C'est à cause de l'injustice d'une occupation brutale qui dure depuis trop longtemps, avec notre silence et notre complicité.
La destruction des maisons peut être réparée, mais qu'en est-il de la destruction à l'intérieur des gens?
Sunday, September 07, 2014
Back to (devastated) Gaza / de retour à Gaza (devastée)
This was a factory / C'était une usine
This was a building with 42 apartments for families / c'était un immeuble avec 42 appartements pour des familles
This was an hospital for rehabilitation / c'était un hopital
This was a classroom / c'était une salle de classe
This was a childrens' room / c'était une chambre d'enfants
This was a residential quarter / c'était un quartier résidentiel
This was a living room / c'était un salon
This is a hole used by Israeli soldiers to shoot / c'est un trou utilisé par les soldats israéliens pour tirer
(c) Anne Paq/Activestills.org, Photos from Beit Hanoun, At-Tuffah, 03 to 05.09.2014
I am back to Gaza to document the aftermath.
The level of devastation is just horrific. It will take probably years to rehabilitated the devastated quarters, but all Palestinians here know that in those years, probably they will have to face other Israeli military assaults.
Many families came back to their half demolished homes and stayed there, even if the foundations are not steady because the living conditions in the schools are terrible, and they do not have any money to rent places. In just three months time there will be winter. How is it going to be then?
Many families still struggle to comprehend what happened to them. Even if the bombings stopped, the living conditions for many are terrible, and the trauma still vivid. How can one heal while living in the rubble of your own home?
Every family is affected, and many are afraid of what is to come.
-------------Français-------------------------------------------------------------------------------------------------
Je suis de retour à Gaza pour documenter les conséquences de l'offensive israélienne de cet été.
Le niveau de dévastation est juste horrible. Il faudra probablement des années pour réhabiliter les quartiers dévastés, mais tous les Palestiniens savent ici que dans ces années, probablement, ils devront faire face à d'autres attaques militaires israéliennes.
Beaucoup de familles sont revenues dans leurs maisons à moitié ou totalement démolies et s'y sont installées en colmatant comme ils ont pu les trous. Les fondations ne sont pas stables, les conditions de vie sont difficiles, souvent sans eau courante ni électricité mais ils préfèrent rester chez eux car souvent la situation est pire dans les écoles, et la plupart n'ont pas d'argent pour louer des appartements ailleurs.
Dans seulement trois mois; l'hiver va arriver. Je n'ose imaginer comment ce sera alors pour ces familles.
Beaucoup de Palestiniens ont encore du mal à réaliser ce qui leur est arrivé. Même si les bombardements ont cessé, les conditions de vie sont terribles, et le traumatisme est encore vif. Comment peut-on guérir tout en vivant dans les décombres de votre propre maison?
Chaque famille est touchée, et beaucoup ont encore plus peur de ce qui est à venir.
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